Tous les dessins, croquis et aquarelles figurant dans ces pages, sauf mention contraire, sont réalisés exclusivement sur le motif avec parfois, pour des raisons climatiques ou temporelles, des finitions en atelier.
La plupart sont sur carnet, quelques uns sur papier libre et dans les deux cas ils ne sont pas libres de droit, merci de me demander l'autorisation de reproduction.

Translate

jeudi 8 février 2018

Chronique touristique

 



Il fait froid sur Dakar et la poussière de sable est encore là, partout.
Nous partons débuter l'année plus au sud, dans le Siné-Saloum.





 






Quelques heures de transport collectif, pour partager le plaisir de la route à plusieurs (!) et s'imbiber davantage du voyage jusqu'à Mbour. Terminus du bus,  il faut maintenant négocier un cabossé carrosse qui doit en toute logique (occidentale), nous acheminer à Palmarin, aux frontières du parc national du Delta du Saloum.
En gentleman, je laisse ma douce s'embourber dans d'interminables palabres pour savoir quand, qui, combien et avec quoi.....

Un attroupement de chauffeurs en tous genres s'installent et postulent au rôle d'heureux élu qui aura l'immense privilège de transporter la toubab family jusqu’à son lieu de villégiature !


J'observe tristement la scène, quelques romantiques relents coloniaux se dégagent mais aussi, je ne suis pas que naïf et de mauvaise foi, un petit fond d'entourloupe pour l'éventuelle manne financière que peut représenter un famille perdue dans cette charmante bourgade ou il n'y à absolument rien à voir et qui de plus n'a aucunes notions des us et coutumes tarifaires pour un tel périple ! Les chances d'y laisser quelques biftons supplémentaires sont grands, mais pas fatals...et tant mieux pour notre valeureux pilote !

Bref, quelques transpirations routières plus tard et nous voila simultanément arrivés et entiers en pays Sérère, à Palmarin. 



Un autre Sénégal, presque un autre monde, plus apaisé, plus traditionnel. 
Une bande de terre entre mangrove et océan,  jusqu'à Djifer pour finir sur la pointe de Sangomar.
La plupart des hommes sont, logiquement au vu de la situation géographique, non pas alpinistes mais pêcheurs, les femmes, elles vont chercher le sel dans des puits pour, essentiellement conserver le poisson pêché par ses messieurs.
Le monde est bien fait !
 




dimanche 31 décembre 2017

Chronique de noël

 

Dakar, la ville se pare aux couleurs de Noël, business is business, plus d’appartenances religieuses quand il s’agit de faire des affaires. Les rues du plateau sont pleines de marchands ambulants achalandés en sapins made in China, guirlandes, boules et autres bonnets rouges et blancs d'origines identiques ou presque. Même le climat est de la partie, une vague de fraicheur s'est installée sur la capitale, terminé le régime shorts-tongs-T shirts.



Pirogues sur le fleuve

Nous fuyons l'agitation de la cité pour nous rendre dans l'ex-capitale de l'AOF (Afrique Occidentale Française). Direction le nord, à quelques encablures de la  frontière Mauritanienne, dans la Langue de Barbarie, sur les berges du fleuve Sénégal.






Quelques trois bonnes heures de bus plus loin et après avoir échappé à une poignée d'accidents de la circulation, une belle cité au charme délabré de ses édifices coloniaux, située sur une ile du fleuve pour sa partie historique, elle déborde un peu (beaucoup) sur les autres rives (du continent et de la Langue de Barbarie) mais à la sauce béton anarchique, sable et sacs poubelles pour la déco.


Le pont Faidherbe
 

Un magnifique pont métallique, le pont Faidherbe, du nom du gouverneur colon de 1854 à 1865, porteur de civilisation occidentale et pilleur de richesses sauvages, relie l'ile au reste du monde et débouche sur l’hôtel de la poste, célèbre pour sa chambre 219 ou Messire Mermoz aimait y prendre ses quartiers lors de l'épopée de l'aéropostale.

 

Un petit air de la Havane ou de Sao Tomé pour le coté colonial délabré, une certaine paisibilité, par contraste avec l'actuelle capitale et l'impression, qui n'en est surement pas une, d'un romantisme d'une faste époque est palpable et rajoute encore au charme de la cité.
 

La proximité du désert ou l'harmattan voile le ciel d'une fine poussière en quasi permanence, les touaregs, les dromadaires et surtout le sable, partout, irritant, minéralisant l'ensemble nous Saharisent et exotisent notre quotidien de notre presqu'ile plantée dans l'atlantique.

Le fleuve Sénégal


Seul le fleuve semble donner  vie au lieu avec ses berges  regorgeant d'activités. Des pirogues aux couleurs carnavalesques, littéralement entassées selon une organisation qui échappe à toute logique du simple esprit occidental, qui, au premier coup d’œil pourrait penser qu'un cyclone vient de déposer l'ensemble ici.




Et puis vient le retour !
Heureux d'avoir échappé de justesse aux dangers de la route à l'aller, il faut maintenant rentrer à Dakar....
Toujours par la route.... Par chance le chauffeur est très prudent et arrive même à anticiper quelques embardées spontanées de zébus, chèvres, ânes et autres dromadaires pris d'une soudaine envie d'aller voir l'autre bas côté si le sable est plus confortable. Par malchance il est aussi homme d'affaires et stoppe régulièrement sa machine devant un parterre de boutiquiers envahissant le bus, arachides, agrumes, melons....


Bref, nous couvrons les quelques 260 kilomètres en près de cinq heures trente et faisons tomber par la même occasion un record vieux de plus d'un siècle ou en 1887 Ferdinand Bougnalous relie les charmantes bourgades de St Julien de Piganiol à Crepy en Valois en moins de vingt quatre heures !

Le fleuve Sénégal et la langue de Barbarie à Zebra Bar