Tous les dessins, croquis et aquarelles figurant dans ces pages, sauf mention contraire, sont réalisés exclusivement sur le motif avec parfois, pour des raisons climatiques ou temporelles, des finitions en atelier.
La plupart sont sur carnet, quelques uns sur papier libre et dans les deux cas ils ne sont pas libres de droit, merci de me demander l'autorisation de reproduction.

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jeudi 27 juin 2013

Nous sommes encore en Afrique, piqure de rappel.

Dix mois après, avoir posé nos malles
Encore aller au Cap, le choix est bien restreint.
Presque déjà blasé, dans la carte postale
Nous n'avons plus l'oeil neuf, l'enthousiasme s’éteint

Quand soudain est là, étendu sur le sable
Un rare visiteur en ces lieux découverts
En croiser de si près, n'en étions pas capable
pensions nous doucement, surtout en bord de mer.

Et pourtant les enfants s'en vont et jouent si près
Que les plus grands, conscients, se sont mis à crier
Un cobra en ces lieux et tout peut basculer
En moins de dix minutes, la vie est bousculé




L'animal est blessé et parait peu farouche
Il reste devant nous, le temps de le croquer
On l'observe craintif, lui se met à poser
En relevant la tête, écartant le danger.

Il reste plusieurs heures balloté, la marée
seule le perturbe et le fait se dresser
La journée à la plage et personne à la mer
Une journée Gabonaise, pas de quoi quelques vers !

Libreville
Chronique de l'équateur juin 2013








vendredi 21 juin 2013

Cinébar

Libreville 19 juin 2013
18h30 bar le Pellican
Quartier d'Ambowé
Soirée cinébar
Un film qui ait (ici) du sens, historiquement, culturellement ou esthétiquement, voire les 3.

Un bar, un vidéoprojecteur, un bout de contreplaqué peint en blanc, des tables, des chaises, des gens, un mescladis.
Ce soir : "Dans la chaleur de la nuit" avec Sidney Poitier, un film de 1967 aux 5 Oscars, on ne se moque pas de nous !
La nuit tombe en même temps que les Régabs (bière locale, abordable, Régie Gabonaise de Boissons) et que les clients montent le son pour essayer de s'entendre et de couvrir la musique saturée délicatement distillée par des hauts parleurs puissamment sous dimensionnés !

L'idée est excellente comme souvent ici....mais,
-car il y a un mais..... comme souvent ici-

19h30 la soirée cinéma n'a pas lieu une raison évidente, qui saute aux yeux, idiots que nous sommes de ne même pas l'avoir envisagé seuls !
19 juin, nous avons entamé la deuxième quinzaine du mois.....et dans la plupart des cas la paye tombe en deux fois, au début et en milieu de mois.....
Et quand la caisse est pleine, il faut la boire. Et le bar est plein de gars et de Régabs qui ne demandent que ça, le monde est bien fait !
Le patron nous explique que s'il les vire ils iront à côté et c'est pas bon pour les affaires, on peut le comprendre.
On ne lui en veut même pas, l'école de la relativité, mais nous aurions du anticiper....sauf que ce mot n'existe presque pas ici !

20h30, après quelques Régabs, on rentre se coucher, nous irons chercher un autre bar....avec Sidney !





En attendant, reste mes carnets, ici un Mapane, un "bidonville" du quartier !

vendredi 14 juin 2013

Actualitées

 Libreville 14/06/2013


Voila 3 jours que la ville subit un ravalement de façades, les routes sont balayées, les bordures et bandes blanches repeintes, les espaces verts tondus......Il va se passer quelque chose c'est sûr !
La dernière fois qu'un tel remue ménage (au sens littéral) a eut lieu nous accueillions le roi Mohamed VI....et ce coup ci ?
Le pape ?
Les Rolling Stones ?

Acte deux, la police et l'armée postées tous les cent mètres sécurisent les grandes avenues. Je dis "sécurise" car c'est le langage officiel approprié à ce genre de situation, dans le genre "vu à la télé", en réalité, rien n'est moins sûr !
Armés jusqu'aux dents, affublés de pouvoirs ponctuellement accrus, lunettes noires, roulant a tombeaux ouverts pour les plus motorisés, rien n'est moins inquiétant.

- j'imagine bien un coup d'état commencer comme ça -

Acte trois, tout va très vite, avenues bouchées, sirènes de police dans tous les sens, pousses toi de là, dégages, casses toi (pov con !), circules..... Il faut dire qu'ils ont des arguments....dissuasifs.
J'ai toujours eu du mal avec les ordres, avec l'ordre en général, mon général, mais là je n'ai pas d'alternative.
Le respect n'est ici qu'une vague idée, une utopie pour quelques rêveurs humanistes. La poésie n'étant pas le propre des forces de l'ordre, ici moins qu'ailleurs, contraint de coopérer, j'obtempère..... difficilement !


Le grand cirque dure quelques heures, la grande parade Bouglionne, des limousines Allemandes noires, vitres fumées, petit drapeau sur chaque aile avant, déboulent de toutes parts, escortées par de kamikazes gendarmes au bottes bien cirées.
Tous les chefs d'états, de clans et de pseudos dictateurs en tous genres d'Afrique centrale sont reçus par notre grand homme, président de père en fils, pour un sommet extraordinaire des chefs d'états de la CEMAC (Communauté Économique des États d'Afrique Centrale).

- Ça fait rêver ! -

Et comme si cela n'était pas suffisamment bordélique, au même moment se tient la deuxième édition du New York Forum Africa....

- Et ça aussi ça fait rêver ! -


Je cite : " ...un rendez-vous politique, économique (encore) et culturel..." Rien que ça !
Tout un tas de braves gens qui viennent des quatre coins du globe pour sauver l'Afrique !
Spike Lee, Frédérick De Klerk, Christine Ockrent (!), Boris Becker....Ne partez pas, y'en a d'autres, Jacques Attali ..... Jean Todd.... Allez j'arrête là je vois que vous êtes mort de rire !
Non, une dernière, c'est qui qui organise ?
Et c'est qui le grand Philanthrope qui chapeaute le spectacle ?   
 Richard Attias ! 
Oui, souvenez vous, le Monsieur de Mme Sarkosy (l'ex ! celle de "si tu reviens j'annule tout !") un mathématicien publicitaire reconverti dans la "communication d'influence" !

- La police locale lui doit elle sa capacitée de persuasion ? -
 
Et tout ça pour la modique somme de 2,6 milliards de francs CFA (soit à peu près 4 millions d'€uros) essentiellement financés par le peuple Gabonais, (on pourrait aussi dire l'état, mais "le peuple" est plus juste) dont votre serviteur. Je puis affirmer que nous (le peuple et moi !) sommes ravis de participer à cette grande mascara.... manifestation.
Il faut dire que les retombées de la première édition (en 2012 toujours à Libreville) sont inexist.....longues à venir.


Mais on nous explique dans les journaux, l'Union (LE quotidien local) de ce matin en faisait sa Une et plus quatre pleines pages, que ça vaut vraiment le coup !

Il faut dire que le Gabon a un standing à respecter, premier consommateur de Champagne d'Afrique  !

Ah bon ?
Ils ne boivent pas du vin de palme ces gens là ?






Je préfère promener mes carnets mes pinceaux et mes couleurs, là ou je ne risque pas de croiser ce genre d'individus. 
Ici le débarcadère d'Ambowé, une mangrove dans la ville qui fait office de petit port de pêche, loin des Mercedes officielles et autres sauteries diplomatiques !









samedi 1 juin 2013

Visite guidée

M'Bolo (bonjour, ça va) alias Géant Casino, le siège du consumérisme à l'occidentale, un rassurant agencement intérieur qui rappelle nos magnifiques centres commerciaux dans nos non moins chaleureuses zones commerciales en périphérique des grandes citées de France, de Navarre, d'outre Manche, Rhin ou Quiévin, bref d'un quelconque pays colonisateur occidental.

Situé au centre stratégique de la capitale, à (presque) l'intersection du Boulevard Triomphal, qui existe vraiment et rappelle, je suppose, le triomphe de la démocratie (:-)) sur le colon oppresseur (:-() et de la voie qui longe le bord de mer qui, elle, comme son nom l'indique modestement, longe le bord de mer !
Autour du temple gravite tout un tas d'échopettes bien plus sympathiques et bien moins aseptisés dans lesquelles on trouve quasiment tout ce dont on peut avoir besoin et même plus encore. La musique d’ascenseur y est quelque peu différente, les normes (quel mot horrible) non plus !
En remontant sur l'avenue de la grandeur du Gabon, l'institut Français qui poursuit son rôle de modèle culturel, mais qui a au moins le mérite d'en proposer. 
Plus haut, de part et d'autre du dit Boulevard se trouve la plupart des bâtiments gouvernementaux, ministères, sénat plus quelques ambassades qui devaient tenir à figurer sur cette voie glorifiante, parmi celles ci, figure la Russie et la Chine, il n'y a pas de hasard !
Pour faire un lien entre ces bâtiments à l'architecture elle aussi triomphale et pour respecter l'harmonieuse urbanisation de la citée, quelques "maquis" (la cabane à frite locale) créent une sorte d'humanisation du lieux qui sans eux seraient très......administratifs !

Libreville, 
chronique de l'équateur, 
juin 2013.