Tous les dessins, croquis et aquarelles figurant dans ces pages, sauf mention contraire, sont réalisés exclusivement sur le motif avec parfois, pour des raisons climatiques ou temporelles, des finitions en atelier.
La plupart sont sur carnet, quelques uns sur papier libre et dans les deux cas ils ne sont pas libres de droit, merci de me demander l'autorisation de reproduction.

Translate

vendredi 28 février 2014

Connerie primitive

15h30 Institut Français du Gabon, Libreville, Capitale.

Rendez-vous professionnel avec un jeune artiste autochtone extrêmement talentueux et à l'avenir assurément prometteur, afin d'envisager le projet d'un éventuel accrochage commun d'ici peu, ......, mais ce n'est pas l'objet de ce post, juste le préambule, histoire de la situer.......
.....l'histoire !
Terrasse sur l'estuaire, Libreville

16h00 L'IFG (Institut Français du Gabon, ça y est ! Vous percutez !) propose une présentation d'une BD sur le Mvet, une première gabonaise mais aussi dans toute la sous région.

[Le Mvet est né pendant l'exode des FANGS depuis l'ancienne Egypte. Ce peuple est aujourd'hui éparpillé entre le Gabon, le Cameroun, le Congo-Brazzaville, la Guinée équatoriale et l'île de São Tomé. Les chants du mvet étaient déclamés aux combattants pour revitaliser le physique et le mental avant les batailles. Au-delà de cet usage, l'art du mvet englobe tous les aspects de la culture Fang :
la poésie, la philosophie et les connaissances scientifiques du monde, ce qui fait dire aux Fangs que le mvet est un art total.]
[source : http://www.mvetart.org/#!__mvet]

Présence de l'éditeur, de l'illustrateur et d'un conteur (mvet) contemporain.
Joli programme, je soumet l'idée à ma tribu (essentiellement composé de mes garçons et de himself), adopté à l’unanimité.

16h30 Nous nous installons, avec mes deux gars et la présentation débute avec une performance du conteur (Chef Ela ?), remarquable.
L'éditeur prend ensuite le relais pour ne quasiment plus le lâcher, le relais, pas le conteur !
Allons y !
L'exposé est rapidement très, trop, académique, sommaire, introduction, grand un, petit a.....Avec un discours par moments bien décalés du fond annoncé de la bande dessinée et du Mvet.
La forme est assez pénible, heureusement, le personnage, beau parleur (il bricole par ailleurs dans la politique....tiens donc !) arrive, péniblement, à maintenir nos mirettes et esgourdes en état receptif.
Lorsque dans sa présentation il inclut un chapitre sur "le complexe d'infériorité du peuple noir" s'épandant au passage amplement sur la présence dans la salle de trois occidentaux !
-" ....Et pourquoi, mesdames, vous faites vous lisser vos cheveux ?"
(.....)
"....vous ne ressemblerez de toute façons jamais aux blancs...."

[ l'argument qui défrise ]
Donguila, en remontant l'estuaire sur le Komo

S'ensuit alors une série sur la comparaison des valeurs entre civilisations....

[ je me dit alors que la journée va être longue.... ]

Une théorie, comme quoi, nous aurions tous les mêmes valeurs mais différemment hiérarchisés.

"Chez les asiatiques, c'est l'honneur qui arrive en premier (....) c'est pour cela que les japonais se font harakiri ...."

[ C'est une blague ? ou est la caméra ? ]

Le professeur Choron et Cavanna doivent se tordre de rire du fond de leur trou !

" Les occidentaux, eux, c'est la liberté, monsieur, donc moi même, pourra en témoigner....."
".....mais cela ne les empêche pas d'enfermer des femmes derrière des vitrines pour que les hommes puissent choisir ...."
"....Monsieur pourra confirmer..."

[  Ce doit être un surréaliste ! ]

Me voila donc ambassadeur de tout l'occident, du Cow boy Texan au pécheur de la Baltique en passant par l'éleveur du Larzac et l'eurodéputé Grec.
Allez Hop ! même case tout ça !
L'Ôccident...même valeur !

Ma nature soupe au lait commence à frémir, quand il enchaine, enfin, sur les valeurs de l'Afrique. 
Ah bon ? Il y a donc UNE Afrique ?
Du berger berbère  au fermier Afrikaner en passant par les caravaniers du Sahara et les chasseurs de la forêt tropicale, UNE valeur commune ?

[ Ben oui, comme l'occident, suis je donc bête !]

Tiens donc ? Et laquelle je vous prie ?

"....La solidarité ! Nous c'est la solidarité, bien sur nous avons aussi l'honneur et la liberté, mais ici, en premier, c'est la solidarité...."

ces paroles, instantanément, font retomber le lait et calme mes ardeurs belliqueuses. je dois, ce coup ci, contenir mon envie de rire ...... ce doit être nerveux.
La solidarité ?
Bien sur, maintenant qu'il le dit, cela saute aux yeux.

Tous ces gros 4x4 de marques prestigieuses, au prix avoisinant plusieurs fois mon salaire annuel, pavanant dans les matitis (bidonvilles) c'est surement pour équilibrer, par solidarité,  l'esthétique douteuse du bas peuple y résidant !

Les quartiers ou les poubelles sont ramassés, des éclairages tous les 20 mètres, des trottoirs américains et des fleurs de concours surgissant faussement négligeament de haies et autres ornements, la aussi, solidarité ! Pour que les suscités pôvres gens puissent aussi profiter des infrastructures dont sont capables de décider les politiques, surtout lorsque s'y trouve leur modeste demeure.

Les routes, ou ce qui est censé en être, aux nids de poules, que t'as même jamais vu des poules de 700 kg, et plaques bitumés recouvrant péniblement le mauvais chemin de chèvre situé en dessous, solidarité ! Envers les concessionnaires et autres revendeurs de 4x4. Sans quoi, tous roulerions en twingos, quel mauvais genre !

Les coupures hebdomadaires (quotidiennes en ce moment) d'eau et d'électricité, solidarité ! Envers les peuples du sahel, d’Afghanistan ou d'ailleurs.

....

Je passe sur la fierté que tout un chacun se doit d'avoir devant la grandeur des valeurs de son peuple, Sieg Heil ! ...
....Et autres conneries de bas étage de la même veine.

[Il va finir par trouver du charbon ou de l'uranium s'il continue à descendre ainsi !]

Terrasse sur l'estuaire 2 (le Tropicana)



 Bref, tout ça pour tenter de justifier l'idée de vouloir préserver la tradition du conte africain oral, propre à ce coin du monde, en la passant à l'écrit, ce qui est plutôt propre à ...ailleurs !
Du coup je ne suis plus sur de la finalité du truc !



Je n'ai pas acheté sa BD !









jeudi 20 février 2014

Routine balnéaire

18/02/2014

   11h30

Quelque part entre les caps de Santa Clara et d'Estérias à quelques quinze kilomètres de Libreville, nous sommes les seuls touristes à des kilomètres, aucun visage pale à l'horizon.
La forêt, la mer, le vent dans les feuilles, le ressac lancinant, la nature proche de l'état biblique.
C'est pas pire, la nature ! Pas l'état biblique !

   11h34

Deux véhicules débarquent, de rutilants 4x4 aux plaques rouges d'ou s'extirpent quelques familles de militaires avec une flopée de marmaille bruyante !
Des FFG (Force Française au Gabon) !

Nous sommes sauvés ! Quoique pas vraiment en danger non plus...jusque là !

...physiquement j'entends  !
Une des célèbres terrasses de LBV

Glacières, barbecue, packs de bières, saucisses à griller en barquette de polystyrène recouverte du film plastique étirable (que tu fais chier à déchirer parce que, justement, étirable), et poste radio diffusant une espèce  de soupe électronique emplie de boumboum à l'harmonie largement discutable.....
.... mais pas discuté ! Fô pas déconner je suis quand même seul face à l'armée française....

Pas que con !
Non plus !

Surement vont ils rester ici plusieurs semaines au vues de l'installation cathédralesque qu'ils entreprennent.
Fauteuils et tables escamotables, parasols, crème solaire et hurlements sur gamins inclus, l’essentiel des accessoires de survie en milieu plus proche des stations balnéaires méditerranéennes que de la forêt tropicale !


L'élégance à la française ! 


Le charme est rompu !


   12h12 

Nous voila maintenant rejoint par quatre autres véhicules, plus modestes, habités, ceux là, par une horde de turcs (leurs véhicules étant aux couleurs de l'école turco-gabonaise, mon esprit, fin et raffiné, n'a pas eut à chercher bien loin).
...Horde de Turcs, donc, presqu'aussi discrets que leurs prédécesseurs mais bien mieux organisés :

Les hommes ont, à l'unanimité optés pour un pelage noir ébène luisant, accompagnés d'une splendide moustache assortie, du plus bel effet. A peine extirpés de leur carrosses, les voila qu'ils s'affairent gaiement et sur une chorégraphie maintes fois répétée autour de ce qui devrait devenir, sous peu, quelques braises ardentes. 
Du bois, du charbon, du pétrole, une allumette, à chacun son rôle, c'est imparable !
Pendant la phase de transformation de l'état flamme à l'état braises, on déroule les tapis, petite discussion pour situer l'Est et....petite prière, ça mange pas de pain !


Durant leur communication avec le divin, car visiblement la communication est passé, le réseau est plutôt bon par ici, les femmes, elles, vêtus de la tête aux pieds (voile ET chaussettes, mais aussi dans l'intervalle, vous l'aurez compris) malgré la chaleur.....équatoriale elle aussi, s'occupent à la fois de nettoyer un petit coin pour le repas et à gérer la luxuriante marmaille.

  Un bel héritage de nos néolithiques ancêtres, où quelques millénaires d'évolution Darwiniène sont vraiment dérisoires.


 


Le grand soir n'est toujours pas pour demain matin !
Dormons tranquille !







dimanche 9 février 2014

Lomé, capitale des Togolais, postation n°2

Mardi 04 février 07h00
Composition : "power lines"

Même impression matinale que la veille, peut être le signal que ce n'est plus une impression ?
Petit déjeuner en solitaire, au calme dans la cour intérieure ombragée de l’hôtel.
Il existe pire situation, encore une fois !

20h00, la journée passe, impasse ? J'erre dans les rues grouillantes, m'imprégnant des odeurs et des couleurs aux intonations joliment délabrés, me sature d'interpellation diverses et variés.
Un bain dans le monde, le vrai monde ?
Surement plus concret que celui que l'on nous à proposé au quotidien où un émissaire nous porte la sainte parole de l'amère nourricière.
C'est la formule qui doit figurer sur son ordre de mission, et sur un ordre on obéit, en bon petit soldat, la parole est donc restitué.

Le public, aguerri à ce genre d'exercice, civilisé et néanmoins issue de la francophonie (!) reçoit et distille l'information assez facilement. Certains y mettant tout leur cœur, peut être pour vivre plus intensément l'instant (^^) ?
A moins que des scénettes pour égayer l'affaire n'aient étés répétés auparavant ?

Ou bien, trop formatés par leur noble mission, ils ne peuvent avoir le moindre recul sur l'évènement ce qui est assurément plus confortable et plus rassurant.
Surement ont ils raisons.

j'ai toujours eu du mal avec les premiers de la classe, pas systématiquement, heureusement ! 
Mais ceux qui demandent confirmation en répétant la question chaque fois qu'ils pensent avoir compris une bribe, même enfantine.....

Ceux qui pensent à voix haute, tellement persuadés d'être dans le vrai de par leur statut de détenteur (exclusif ?) du savoir, ne se rendant plus compte du discours émanant de leur orifice buccal, parfois inquiétant, souvent affligeant.

Rien de bien grave au demeurant.

La soupe n'était pas très assaisonné, mais il y avait de la soupe et je ne crache pas dedans.....(Je l'ai assez fait :-) !)

Quelques jolis rencontres, 
avec une culture, 
une ville, 
une histoire 
et quelques humanoïdes pas trop prisonniers de leur case. 






 
Mercredi 05 février,  

Bis répétita jusqu'au soir, ou nous nous retrouvons, l'armée des mangeurs de soupe, accompagnés de notre officier cuisinier pour un diner hors du quartier des hôtels et des ambassades.
Histoire de marquer symboliquement la fin de la dite soupe !

Place de l'indépendance
On apprend à se connaitre, il n'est pas trop tard, tu viens d'où ? 
tu fais quoi ?
Rarement dans l'autre sens, tu vas où ?
Tu as envie de faire quoi ?
Surement significatif d'une époque ou le temps passé à envisager le futur est directement proportionnel à la facilité de compréhension du mode d'élaboration du document permettant le calcul des impôts sur le revenu....C'est dire !

Un truc de malsain !


Échange de mails, d'adresses de blogs, d'expériences diverses, avec autant de quotidiens différents, il faut dire que pas moins de 9 pays de la zone sont représentés à la table.
Du Gabon au Ghana en passant par la Guinée équato., le Nigeria, le Bénin, le Togo et un petit détour par le Cameroun, le Tchad et le Niger.

Quelques bières, un beau voyage.


Jeudi  06 février, 16h00

Vol Asky n° KP 036, quelque part entre Lagos et Libreville.


Matinée libre, quelques derniers croquis, quelques derniers achats, quelques derniers échanges.

Back at home !




jeudi 6 février 2014

Lomé, capitale du Togo postage n°1

Dimanche 2 février 2014 8h00

Aéroport international Léon MBa de Libreville (encore !), du nom du premier président de la République gabonaise qui date de 1960, année de l'indépendance vis à vis du colon hexagonal.
Le général (...), ceuuuului qui nous aaaaa compriiiiis ! Chef de l'état du dit colon,  ne souhaitant pas d'un énième département français,  qui plus est en Afrique,  bien empêtrée qu'il était déjà avec les cousins algériens qui vont lui poser quelques problèmes peu de temps après.
La requête de Léon MBa a donc évolué,  sans porter de jugement s'agissant ou non d'une évolution au sens commun du terme, d'une départementalisation en indépendance.
De quoi faire baver les quelques irréductibles Corses, Basques, Bretons, Catalans ou Occitans,  Picard,  Normands,  Savoyards et autres braves peuplades de France et de Navarre.
Sûrement motivés,  eux aussi, par l'hypothétique appartenance au cercle très fermé des micros nations,  au sort ô combien enviable,  St Marin,  Andorre,  Trinidad & Tobago, Le Vatican,  São Tomé & Principe, Monaco,  et je dois, à ma grande surprise tant leur sort est alléchant,  en oublier quelques uns.

Ça fait rêver,  Mouarf,  mouarf !

Ne vous méprenez tout de même pas, chers lecteurs, toujours plus nombreux et excités tel un moustique d'Afrique centrale devant un camion de don du sang, quand arrive une nouvelle publication. Ne vous méprenez pas disais je, quand à mon avis sur la question. Il vous suffira, je cause ici à la poignée d'avides nouveaux consommateurs de mon (moi, je, himself) blog de remonter à quelques précédents posts pour vous faire une opinion sur ma conception du concept même d'un état ou d'une nation.

Ceci étant clarifié,  revenons donc, s'il vous plait à l'aéroport de Libreville.
La vue de ma fenêtre
Encore disais je, car me voila embarqué pour Lomé,  la capitale Togolaise après une halte technique et commerciale à Lagos, LA mégalopole nigériane (plus de 15 millions d'âmes) que je ne regrette pas de ne pas connaître tant son aura de ville surpeuplé aux continuels embouteillages automobiles rayonne dans toute l'Afrique centrale et de l'ouest.

J'ai rempli mes godet d'aquarelle, affûté mes crayons et préparé quelques vierges feuilles d'un grammage proche des 300 et espère bien pouvoir saisir en 4 jours quelques millilitres de l'essence de l'âme de cette capitale .....



Lomé 03 février 06h30, Hôtel Jolivue.

Agréablement surpris par la douceur matinale, relative bien sûr,  et du faible taux d'humidité tout autant relatif d'ailleurs.

Kathedrale

La ville semble plutôt paisible, hormis la route du front de mer, où de jeunes écervelés, ce n'est pas toujours un pléonasme,  aux véhicules fraichement tunninguisés, profitent de cette aubaine au bitume récemment lissé.


[Tunninguiser : verbe du premier groupe, contraction de tunning et de déguisé, s’emploie lorsque l'intention est du premier et le résultat du second.
exple : "Bernard-Henry, cessez donc un peu de me tunninguiser en poupée barbie voulez vous...."]

 
Hormis , bien sur aussi, le marché,  véritable fourmilière coloré et plutôt sympathique.
Les rues sont larges, la grande majorité ensablé, sahelisé, bordés de grands badamiers qui déposent une ombre bienfaisante, l'architecture est un joli mescladis de colonialisme, d'une période art nouveau-art déco et de modernisme-bétonisme plutôt esthétique, beaucoup de charme. Il reste même de l'époque coloniale de l'empire allemand une cathédrale gothique remarquablement entretenue, très bien conservée et encore en activité.
Surprenante rencontre.



20h00 Restaurant le Galion.

Une première impression positive mais je ne suis  qu'encore dans le périmètre des hôtels et des affaires, pas vraiment les quartiers populaires.
Une saveur quand même bien plus épicé qu'à Libreville, un vrai gout d'Afrique tel que phantasmé, pas du canada dry !
Une douceur de vivre, un joli parfum d'exotisme et d'aventure presque palpable, l'ouverture sur l'océan du golfe de Guinée au sud, les frontières est et ouest (Bénin et Ghana) à porté de bicyclette n'y sont pas étrangères et permettent un brassage de la population et une (presque je suppose) libre circulation des marchandises.
La capitale gabonaise et sa quasi-insularité à bien des niveaux me semble bien fade tout à coup.

La rue de l’hôtel